Les risques liés à l’usage d’alcool et autres drogues

L’usage d’alcool et d’autres produits psychotropes n’est jamais sans risques. Il est donc important de s’informer sur les risques spécifiques liés à chacun des produits consommés par exemple en téléchargeant les brochures de Réduction des Risques.

Mais pour simplifier la compréhension des risques, il est possible de classifier les drogues en fonction des effets que les produits ont sur le corps et le système nerveux central. Une classification est par définition subjective mais celle-ci permet d’appréhender les grands types de produits et de comprendre pourquoi additionner les drogues en les mélangeant, c’est multiplier les risques:

  1. Les dépresseurs les plus répandus sont l’alcool, le cannabis, le GHB, l’héroïne et autres opiacés, la kétamine mais aussi certains médicaments, etc. Ils ont tendance à ralentir le système nerveux central. Ils diminuent la tension artérielle, ralentissent la respiration et le rythme cardiaque. Au niveau mental, ils provoquent une accalmie, un sentiment de relaxation et un relâchement des tensions nerveuses. Les principaux risques associés avec ces produits sont : difficulté voire impossibilité à réaliser des activités nécessitant de la concentration, dépression respiratoire menant à l’arrêt respiratoire pouvant entraîner la mort (sauf cannabis), angoisse, paranoïa et bad trip.
  2. Les stimulants les plus connus sont l’ecstasy/MDMA, la cocaïne, le speed, les amphétamines mais aussi le café, etc. A l’inverse des dépresseurs, les manifestations principales sont des effets euphorisants, une sensation d’acuité intellectuelle accrue, une envie de s’extérioriser, de s’exprimer, de bouger. Au niveau physique, on peut observer une dilatation pupillaire, une augmentation de la température corporelle, de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, un report de la fatigue voire une impossibilité de dormir. Les principaux risques associés avec ces produits sont : difficulté voire impossibilité de réaliser des activités nécessitant de la concentration, déshydratation, élévation de la température, « coup de chaleur », nervosité, agressivité, angoisse, paranoïa, bad trip et risque de prolonger les prises au-delà de ses limites (report de la fatigue).
  3. Les perturbateurs les plus répandus sont le LSD, le cannabis, le 2CB, le Peyolt mais aussi les champignons hallucinogènes, etc. Il n’y a pas de signes physiologiques de ces produits car l’effet est plutôt d’ordre mental pouvant aller de l’hallucination jusqu’au délire (plus rare). L’hallucination consiste en la modification des perceptions sensorielles (auditives, visuelles, tactiles, gustatives, olfactives), alors que le délire est une perte de contact avec la réalité. Les principaux risques associés avec ces produits sont : difficulté voire impossibilité de réaliser des activités nécessitant de la concentration, angoisse, paranoïa,  bad trip voire délire, comportements inappropriés voire agressivité

NB : Cette classification souffre d’un défaut important : elle oublie de prendre en compte les particularités de la personne qui consomme (âge, sexe, état physique et mental, habitudes de consommation, etc.) ainsi que le contexte de consommation (fête, stress, rupture conjugale, examens réussis, etc.). C’est pourquoi, par exemple, nombreuses sont les personnes qui affirment que l’alcool les stimule et leur permet de faire la fête, alors que c’est un dépresseur. L’alcool est dans ce cas associé à un esprit de fête et fait partie intégrante de l’amusement. Son effet est stimulant d’un point de vue psychologique et social : il désinhibe et contribue à une socialisation du consommateur.

Les risques liés aux mélanges

Bien souvent, on mélange des drogues plus ou moins consciemment. A la consommation d’un produit spécifique (par exemple un drogue recherchée pour faire la fête comme l’ecstasy ou les amphétamines), on associe souvent un autre psychotrope qu’on prend de manière banalisée : alcool, cannabis, tabac, antidépresseur ou anxiolytique. Chaque combinaison provoque des risques spécifiques mais globalement, une chose est sûre : mélanger des drogues est toujours plus risqué :

  • Si on mélange des drogues dont les effets sont antagonistes (dépresseurs et stimulants), on peut consommer une grande quantité de produit en ressentant peu les effets, ce qui peut amener à une overdose. Comme les produits consommés n’ont pas la même durée d’action, l’une des drogues peut soudainement prendre le dessus au niveau des effets.
  • Si on additionne deux dépresseurs respiratoires ou ralentisseurs cardiaques : le risque est important de perdre  connaissance et de dépression respiratoire. Attention au mélange GHB + alcool : très gros risque de coma.
  • Parfois, certains mélanges amplifient la montée mais trop souvent, cela peut aboutir à un malaise ou « bad trip« .

Les risques liés aux modes de consommation

  • Ingérer (manger, boire, avaler): Le délai d’apparition des effets étant plus long, on peut avoir impression que le produit n’est pas efficace, il y a risque de surdose par impatience. Difficulté à gérer le dosage (répartition inégale du mélange, tendance à en reprendre car très lent). Conseil : ingérer par petites quantités et attendre les effets avant d’en reprendre.
  • Sniffer: risque de détérioration des muqueuses, de la cloison et des fosses nasales, risque de transmission de l’hépatite B et C si partage de paille ou billet.  Conseils : alterner les narines et les rincer abondamment après usage, utiliser une paille à usage unique et ne pas la partager, prévoir que l’expérience risque de durer plus longtemps.
  • Fumer: Toutes les fumées sont toxiques pour les poumons et les voies respiratoires, risques liés aux produits de coupe utilisés pour rendre fumable (tabac, ammoniaque…).
  • Injecter: Hauts risques de transmission des hépatites et du SIDA/VIH. Conseil : utiliser du matériel stérile et ne jamais partager son matériel.

Plus d’infos : www.infordrogues.be